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Critique - La maison du soleil - Pika
Api — Publié le 09 février 2019 à 16h42

A la manière de March comes in like a Lion, La maison du soleil met en scène des personnages à qui la vie n’a pas fait de cadeaux et qui vont trouver une famille de substitution qui les aidera à reprendre pied. La différence, c’est que l’œuvre qui nous intéresse aujourd’hui accorde une place centrale à la romance entre les deux protagonistes. Ceux-ci vont se rapprocher naturellement alors qu’ils s’apportent l’un l’autre soutien et réconfort.


Petite, Mao passait ses journées dans la famille Nakamura. La vie y était joyeuse et insouciante et comblait le vide laissé par l’absence de sa mère, partie avec un autre homme, et celle de son père, travailleur acharné. Plusieurs années ont passé… Le père de Mao s’est remarié et construit une nouvelle vie de famille à laquelle la jeune fille se sent étrangère. Hiro, l’aîné des Nakamura, vit seul dans la maison familiale depuis le décès de ses parents. Face à la détresse de la jeune fille, il lui propose d’emménager chez lui…


Écrit par Taamo, La maison du soleil est un manga en 13 tomes publié chez Pika. L’auteure a déjà plusieurs années d’expérience en tant que mangaka quand débute la publication du titre et on sent bien, que ce soit dans le trait ou la narration, qu’il ne s’agit pas de l’œuvre d’une débutante. Le graphisme n'est pas particulièrement fouillé, mais le titre se distingue par un goût de la mode prononcé, l'auteure multipliant les tenues et les styles arborés par ses personnages, en particulier Mao.


Le ton de la série reste relativement léger et parsemé de touches d’humour assez pince-sans-rire, mais les thèmes abordés par le manga se veulent relativement matures, traitant notamment de divorce, de familles recomposées, de solitude ou encore de deuil. Loin des clichés du genre, ce shojo fait malgré tout la part belle aux sentiments et peut user de ressorts narratifs assez convenus comme le traditionnel triangle amoureux (auquel on ne croit jamais vraiment). Cependant, on échappe aux personnages caricaturaux qui n'existeraient que pour mettre des obstacles dans la relation entre les deux protagonistes.


Entre une fille ayant le sentiment d'être une étrangère chez elle, un jeune homme voulant reconstruire son foyer après une tragédie, une fille se sentant responsable de la mort de ses parents, un père ne jouant plus son rôle face à celle qui lui rappelle trop la femme qui l'a quitté, les personnages sont animés par des états d’esprit bien loin des troubles qui se retrouvent dans ces romances un peu niaises dont le shojo est souvent le porte-étendard. L’ensemble des personnages se montre foncièrement bon et c’est avant tout par la difficulté de partager ses tourments que vont naitre les péripéties de l'histoire. Les relations amoureuses et les peines de coeur sont un point central du récit, mais c'est avant tout les relations avec les autres qui sont le coeur du manga. Sur ce point, celui-ci se montre si chaleureux et rayonnant de douceur, qu'on peut dire que rarement une oeuvre n'aura aussi bien porté son nom.


J'avais découvert La maison du soleil alors que le titre n'était pas encore édité en France. Je ne suis pas un grand lecteur de shojo, mais j'ai tout de suite trouvé rafraichissant ce manga qui montrait des personnages féminins forts, s’éloignant du cliché de la fille pure et innocente, n'attendant pas passivement leur prince charmant, mais allant au contraire jusqu’à se montrer entreprenante. A l'époque, cela avait été un tel coup de cœur que j’avais traduit par moi-même la totalité du premier tome quand Pika a annoncé sa sortie. Sa parution chez l’éditeur a été l’occasion pour moi de relire entièrement la série et confirmer que c’est un titre que j’adore. Pour ses personnages, d’une part, mais aussi pour ses dialogues empreints d'une certaine poésie et qui doivent beaucoup à l'excellente traduction française. Je redoutais qu'il s'agisse du seul titre de Taamo édité en France, mais inutile de vous dire qu'avec la dernière annonce de Pika, je guette désormais la sortie de Too bad, I’m in love avec attention.

Api

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